Communiqué du 25 janvier 2005Le premier comité de pilotage du rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel, co-présidé par :
M. Cyrille SCHOTT, Préfet de la région Basse-Normandie M. Philippe DURON, Président du Syndicat mixte pour le rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel et Président du Conseil Régional de Basse-Normandie
s'est réuni le 25 janvier 2005 au prieuré d'Ardevon, en présence de M. Nicolas DESFORGES, Préfet de la Manche et de M. Jean-François LE GRAND, Président du Conseil Général de la Manche.
M. Jean-Yves LE DRIAN, Président du Conseil Régional de Bretagne, et M. Jean-Louis TOURENNE, Président du Conseil Général d'lle et Vilaine, participaient comme invités au titre de l'interrégionalité.
Cette réunion a été l'occasion de faire un point général sur l'avancement de l'opération au début de cette année de démarrage des travaux.
Depuis son lancement en 1995, ce grand projet réunit l'État et les collectivités territoriales normandes et bretonnes. Les partenaires se concertent et conduisent ensemble un programme ambitieux : redonner au Mont-Saint-Michel la plénitude de son paysage maritime aujourd'hui altéré par l'accumulation des sédiments et des aménagements réalisés par l'homme (digue-route, portes à flot sur le Couesnon, parking sur les grèves).
A travers le rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel, il s'agit d'aménager de façon globale et durable les abords du rocher de l'Archange saint Michel. Renaturation d'un large espace de grèves, mise en valeur d'un patrimoine exceptionnel et amélioration de l'accueil des visiteurs en sont les trois objectifs essentiels et concordants. Les ouvrages retenus dans le cadre de concours européens apportent une réponse efficace et intégrée : ils agiront concrètement pour la reconquête de ce site unique.
Le projet est également au coeur d'un programme d'actions convergentes pour la revitalisation de la baie du Mont-Saint-Michel. Une Opération Grand Site l'accompagne, associant également l'État et les collectivités territoriales. Elle vise à valoriser le patrimoine historique et paysager de la baie, de Cancale à Granville, à développer l'attractivité de son arrière-pays.
Également complémentaire aux actions du ministère de la Culture et du Centre des monuments nationaux pour faire rayonner le Mont et son abbaye, le Centre du livre manuscrit à Avranches rendra accessibles les collections conservées par la ville.
Tous ces projets associés témoignent de la volonté des pouvoirs publics de concrétiser en baie du Mont-Saint-Michel l'un des plus importants projets d'aménagement territorial de cette nature en France.
Pour aller plus avant et réfléchir à la fréquentation touristique de la baie et du Mont-Saint-Michel, un observatoire sur cette question est impulsé par le Préfet de la Manche avec l'aide de l'AFIT (Agence Française de l'Industrie Touristique) et co-financé par la région Basse Normandie. Il réunit l'ensemble des acteurs publics et privés pour envisager des actions et mieux gérer la pression touristique sur la baie. Les premiers enseignements d'une étude co-pilotée par l'AFIT et la DDE de la Manche seront disponibles au printemps 2005.
Le calendrier des travaux
Les travaux préliminaires ont commencé avec la réalisation des mares provisoires pour les pélodytes (crapauds) dans l'Anse de Moidrey et se poursuivront courant 2005.
C'est par la réalisation du barrage sur le Couesnon que commencera, au dernier trimestre de cette année, le rétablissement du caractère maritime du Mont-Saint-Michel. Cet ouvrage emblématique du désensablement des abords du rocher sera le premier des cinq grands chantiers.
2005 / 2008 : construction du barrage sur le Couesnon
La consultation des entreprises par lots séparés au niveau européen est en cours. Le barrage sera livré en 2008, après deux ans et demi de travaux, et mis en fonction dans son chenal ouest, le chenal est ne pouvant être ouvert qu'après la complète destruction de la digue-route.
Sa réalisation s'accompagne, à partir de 2006, de la remise en eau de l'anse de Moidrey et du curage du lit du Couesnon (sur 8 km en amont du barrage jusqu'à l'anse de Moidrey), qui permettront d'augmenter la capacité hydraulique du fleuve et ainsi l'efficacité des chasses. Grâce au barrage, le Couesnon va se reconstituer, marée après marée, un estuaire dans la baie, les chasses emportant avec elles plusieurs milliers de m3 de sédiments. 80% des effets hydrauliques attendus seront réalisés dans les dix ans.
2006 / 2008 : parc de stationnement, bâtiments de service et d'accueil et navettes de transport public
Ces travaux et la construction de la navette débuteront en 2006 afin de disposer d'un dispositif d'accueil complet pour la basse saison 2008 - 2009. Le parc de stationnement libèrera l'espace nécessaire à la réalisation du pont passerelle aujourd'hui occupé par les parkings. La montée en puissance de l'exploitation sera progressive avec la livraison de l'ensemble de la flotte des navettes pour la haute saison 2009.
2007 / 2009 : réalisation des ouvrages d'accès au Mont-Saint-Michel
Les ouvrages d'accès se composent d'une partie pleine sur les herbus à laquelle succède un pont-passerelle de 900 mètres au-dessus des eaux du Couesnon et des grèves. Un terre-plein surmonté d'un gué submersible achève le parcours pour donner accès au Mont-Saint-Michel.
La première séquence d'ouvrage (la partie pleine) démarre début 2007. Le pont passerelle sera mis en chantier en 2008, après basculement du parc de stationnement sur le continent.
La destruction de la digue route actuelle, utile jusqu'au dernier moment à l'accès au Mont, sera réalisée début 2010.
Le financement des travaux
À ce stade d'avancement, les études d'avant-projets des maîtres d'oeuvre montrent la nécessité de prendre en compte :
1. des évolutions naturelles des volumes de sédiments à extraire du Couesnon et à l'aval du barrage depuis les études préalables,
2. des modalités de réalisations plus délicates qu'envisagées au stade du programme,
3. des incidences fortes des fonctionnalités de la navette, plus proches d'un transport en commun que d'un petit train touristique.
Ces éléments techniques amènent à devoir réévaluer le coût des travaux d'environ 38 M¤ HT (en valeur fév. 2002).
Par ailleurs, le maître d'ouvrage a souhaité afficher clairement une provision d'aléas de chantier plus conforme aux spécificités du projet et aux contraintes du site et prévoir une réserve d'investissements liée à la mise en exploitation du parking, de la navette, du barrage et des espaces publics qui n'était pas prise en compte en 2002. De ce fait, le montant prévisionnel de l'opération s'élève à 197,8 M¤ HT en valeur février 2002, soit environ 201 M¤ en incluant la TVA non récupérable (coût de revient).
Compte tenu de l'inflation des prix entre 2002 et 2004, le coût de revient de l'opération ressort ainsi, en valeur actuelle, à 220 M d'euros.
Les financeurs ont pris acte de cette nouvelle évaluation du projet. Le gouvernement a décidé de faire procéder à une expertise sur l'état actuel du projet qui sera rendue en avril. Les assemblées élues auront à confirmer leurs engagements sur une proposition de répartition du surcoût identique aux clés de répartition actuelles (60 % Etat, 40 % Collectivités Territoriales) après déduction des engagements de l'Europe (17,15 millions d'euros) et de l'Agence de l'Eau Seine-Normandie (3,05 millions d'euros).
Ils réaffirment leur volonté de poursuivre ce projet et de commencer les travaux en 2005.
Un prochain comité de pilotage se tiendra début juin. La Région Bretagne et le Conseil Général d'Ille-et-Vilaine ont confirmé leur volonté d'être plus impliqués dans ce dossier dans des conditions partenariales qui restent à définir.
Une convention pour l'emploi régional
Une convention visant à rapprocher les besoins des entreprises engagées dans le chantier et les ressources locales et régionales de main d'oeuvre a été signée entre le Syndicat mixte pour le Rétablissement du caractère maritime du Mont Saint Michel, le Conseil Régional de Basse Normandie, le Conseil Général de la Manche, l'Etat, l'Association pour l'Emploi dans l'Industrie et le Commerce, les Fédérations régionales des Travaux Publics de Basse Normandie et de Bretagne.
Le Syndicat mixte associera les entreprises titulaires des travaux à cette démarche et fera converger les besoins de main-d'oeuvre vers le Service Public pour l'Emploi (ANPE, Assédic, Direction du travail de l'emploi et de la formation professionnelle).
Dans le cadre de sa compétence en matière de formation professionnelle, le Conseil Régional de Basse Normandie va contribuer au financement d'actions de formation et d'insertion des demandeurs d'emploi et coordonner les formations initiales et continues. Elle contribuera en parallèle à la mise en place d'un véritable projet de territoire au bénéfice de l'emploi.
Le Conseil Général de la Manche, dans la continuité de ses missions, favorisera l'accès à l'emploi et l'insertion sociale et professionnelle (RMI, RMA).
L'Assédic mobilisera l'ensemble des dispositifs d'aide à la formation, au reclassement et du PARE (Plan d'Aide au Retour à l'Emploi) et établira des états et diagnostics pour permettre un suivi régulier par le comité de pilotage et de suivi.
Les FRTP Normandie et Bretagne profiteront de cette opération pour faire reconnaître les métiers des travaux publics et favoriser le développement d'emplois stables.
Les partenaires s'engagent ainsi ensemble à favoriser l'emploi régional mais aussi à mettre en place des moyens de formation de la main d'oeuvre et des mesures de reclassement au terme de l'opération. La présidence du Comité de pilotage et de suivi est confiée au président du Syndicat mixte.Contacts presse :
Conseil Régional de Basse-Normandie :
Emmanuelle TIRILLY : 02 31 06 98 85
Syndicat mixte pour le rétablissement du caractère maritime :
Claire MONTEMONT : 02 31 29 16 96 / 06 10 15 04 18Préfecture de la région Basse-Normandie :
Stéphanie BOULENT : 02 31 30 66 12
Josianne AUVRAY-DUBOIS : 02 31 30 66 92