
Communiqué de presse du 31 août 2010
Alors que le Gouvernement a multiplié les expulsions de Roms tout l’été, Alain Tourret, vice-président de la Région Basse-Normandie en charge des coopérations internationales et Président de l’Institut International des Droits de l’Homme et de la Paix, dénonce la désignation de toute une communauté comme bouc émissaire.
« Depuis 3 ans, le président de la République rappelle, à intervalle régulier, mais plus spécialement lorsqu'il dégringole dans les sondages, que la guerre est une nécessité. Il a déjà déclaré la guerre (SIC) aux trafiquants et aux délinquants. Il veut gagner la guerre contre l'insécurité. N'oublions pas qu'il a déjà déclaré la guerre contre le décrochage scolaire.
Aujourd'hui, l’Élysée a ciblé l'ennemi : les 400 000 gens du voyage. Et l'on promet des reconduites immédiates aux frontières, des expulsions vers la Roumanie et la Bulgarie, pays de l'Union européenne, des évacuations des campements illicites... A quand la décimation ?
Rappelons que la loi, votée en 1990 puis en 2000, rend obligatoire l'aménagement d'aires de voyage dans les communes de plus de 5 000 habitants. Or, plus de la moitié des communes françaises ne respectent pas cette obligation. Monsieur Eric Besson se félicite d'avoir expulsé en 2009 9875 Roms mais reste, bien sûr, muet sur le non respect de la loi.
L'Union européenne, le conseil de l'Europe, s'inquiètent de la position française qui cherche à stigmatiser non pas l’attitude de tel ou tel Rom éventuellement fautif, mais à s'attaquer à une communauté dans son ensemble. Le commissaire aux droits de l'Homme, Monsieur Thomas Hammerberg souligne : « qu'il est urgent de prendre des mesures pour traiter sur un pied d'égalité les gens du voyage avec le reste de la population française. »
Le chef de l'Etat, il faut le rappeler avec force, est le garant de la cohésion nationale. En jetant l'opprobre sur toute une communauté, en pratiquant l'amalgame, il faillit à sa mission. Il joue les apprentis sorciers car il est si facile en temps de crise de désigner des boucs émissaires, comme ce fut le cas par le passé.
L'histoire jugera sévèrement un tel comportement. »
Contact Presse : Caroline Monnot – tel : 02 31 06 96 27
Abonnez-vous
à Normandirect,
la newsletter
de la Région
Basse-Normandie