
Caen, le 2 décembre 2011
Communiqué de presse
Quels paysans pour le monde de demain ?
A l’occasion du 40ème anniversaire de la Chambre régionale d’agriculture de Normandie et des tables rondes organisées aujourd’hui au Mémorial de Caen, Laurent Beauvais, Président de la Région Basse-Normandie tient à remercier les Chambres d'agriculture régionale et départementales de la région, l'INRA et les organisations agricoles qui se mobilisent pour l’agriculture dans notre région. Il réitère toute l’importance que revêt l’agriculture pour l’économie régionale et aussi pour sa notoriété. Il évoque des pistes d’intervention face aux difficultés rencontrées par la profession.
On compte environ 50 000 actifs dans l'agriculture en Normandie. Face à la forte baisse du nombre d'exploitants familiaux depuis 40 ans, une population active vieillissante (55 % ont + de 50 ans) et un effondrement des installations depuis 10 ans (550 en 2000 et 330 en 2011), des investissements lourds à l’installation, que faire ?
« Refuser l'évidence et refuser l'équation qui tendrait à démontrer que le développement d'un pays ou d'une région doit nécessairement s'accompagner d'une réduction de la part de son secteur primaire dans le total de la richesse produite. Cela vaut pour notre agriculture. Cela vaut pour la pêche. La ré-agricolisation de nos territoires relève du même combat que la ré-industrialisation » déclare Laurent Beauvais. « Pour résoudre cette équation, il faut innover, décentraliser, relocaliser, réguler et garantir » poursuit-il.
Innover et qualifier
« L'INRA n'est-elle pas l'outil qui doit permettre de concilier la recherche, la modernité, avec l'agriculture et les territoires ? Nous avons besoin d'une recherche publique forte, d’innover dans les nouvelles technologies, dans la diversification des productions, dans la qualité, dans l'amélioration des conditions de travail, dans la mécanisation, dans la sécurité alimentaire, dans l'environnement... » déclare-t-il. A ce titre, la Région soutient la diminution des coûts de production, notamment par une aide à l’herbage d’1,8 million par an. En outre, la Région accompagne 150 jeunes lors de leur installation en agriculture en Basse-Normandie à hauteur d’un million par an. La politique de qualité est aussi un enjeu majeur pour la Basse-Normandie, qui est la région de France où la part de production laitière transformée sous signe officiel de qualité, est la plus importante (Pont-l’Evêque, Camembert et Livarot). Au total, la Région consacre 12 millions d’euros par an à l’agriculture régionale.
Décentraliser et Relocaliser
«Il faut aussi décentraliser la gestion des mesures, des aides, des financements de l'agriculture et de l'agroalimentaire pour être au plus proche des réalités » poursuit-il.
« Face au défi énergétique et environnemental, il faut relocaliser les productions et sortir de ce système absurde où les pommes du Chili sont consommées dans nos lycées, où les protéines pour nos animaux sont produites au Brésil, en Argentine, aux USA, en Asie. Nos agriculteurs en ont le talent, notre recherche en a la compétence » insiste Laurent Beauvais. A ce titre, la Région consacre 1,6 million d’euros pour la politique qualité en agriculture.
Réguler et Garantir
« C'est sans doute le point le plus dur aujourd'hui. On sait tous que la France n'a pas seule les clés pour un certain nombre de choix. Je crois en ce domaine à la force du "politique". Je ne peux pas croire qu'à l'heure où le G20 s'attaque à l'immense défi de la moralisation du capitalisme et de la finance mondiale, il n'y ait pas de solution pour mieux réguler les échanges agricoles au niveau international, au niveau européen, au niveau des Etats. L'Europe a longtemps été le symbole du développement de notre agriculture, elle ne peut pas en être aujourd'hui le fossoyeur » déclare Laurent Beauvais.
« Nous ne serons jamais compétitifs avec les pays aux normes sociales les plus faibles. Il faut avoir le courage de le dire. Je ne crois pas que la conquête de la compétitivité, de notre agriculture ou de notre industrie, se fera en abaissant nos normes sociales. C'est une illusion, c'est un mirage. Ce sont les garanties de prix et de volumes dont les producteurs ont besoin. On ne dessine pas d'avenir sans perspective et sans prospective. Les outils existent, il faut les rénover, les restaurer de toute urgence : organisation de producteurs, relations producteurs-distribution, relations entre Etats, gestion au plus près des aides. Il y a 40 ans l'un des slogans était "pas de pays sans paysans", j'y ajouterais aujourd'hui "plus de paysans sans revenu garanti" conclut Laurent Beauvais.
Contact presse : Emmanuelle Tirilly – tel : 02 31 06 98 85
Abonnez-vous
à Normandirect,
la newsletter
de la Région
Basse-Normandie